Ouvert pour les visites guidées et bientôt pour les visites libres, ce château millénaire vous attend dans un cadre de nature éblouissant.

le donjon vu du Sud
A mi-distance entre Paris et Rouen, Evreux et Beauvais (dans la commune de Château sur Epte), c’est un lieu unique qui a besoin de votre aide pour être préservé et restauré. Autrefois une importante forteresse au sein du réseau de défense du Vexin Normand, le château est aujourd'hui ruiné et attend d'être restauré pour retrouver son prestige d'antan.


Châteauneuf sur Epte, de son ancien nom latin « Novum Castrum prope Eptam », se dresse toujours malgré les siècles passés, en sentinelle oubliée du Vexin Normand. Ayant joué un rôle clef dans les conflits entre les anglo-normands et le royaume de France pendant plusieurs siècles, le château est partiellement détruit au XVIIème siècle et sombre peu à peu dans l’oubli. Aujourd'hui il abrite encore, en plus de ses défenses, un logis et une grange datés du XVIIIème siècle, ainsi qu'un pigeonnier déjà mentionné au du XVème siècle et peut-être plus ancien encore.

Le château est composé d'une enceinte circulaire (environ 110 m de diamètre) doublée d’un profond fossé et d'motte surmontée d’une tour maîtresse (à cheval sur l’enceinte sud-ouest). L’enceinte est percée par deux tours-portes carrées, ouvertes à la gorge, munies de contreforts plats. Un assommoir, une double paire de vantaux (porte ouest) et un chemin de ronde intérieur en constituaient le système défensif. La motte mesure environ 50 m de diamètre à la base pour 20 m à son sommet. Elle accueille une tour maîtresse cylindrique de 11,20 m de diamètre (dont il ne reste que les deux-tiers de la circonférence) et de 18 m de haut. La base de cette tour est protégée par une chemise circulaire (il n’en reste que la moitié environ) percée par des arquebusières (fente de tir percée au XVIème siècle pour permettre l’usage des arquebuses). Deux murs radians viennent fermer un réduit défensif situé au nord. Au pied de la motte (à l’est) se développe un second enclos (la cour noble) protégé par un petit fossé et une tour-porte (dédoublée au XVIème siècle). Son angle sud-ouest conserve une tour défendant le couloir permettant d’accéder au sommet de la motte et à la tour maîtresse. Un réduit protégeant un puits jouxte, au nord, cette quatrième tour-porte.

Une tentative de représentation du château par Jean Téaldi avant sa destruction partielle

Les grandes dates du château

Milieu du XIème siècle, le lieu est connu sous le nom de « Fuscelmont » (la colline aux silex). Existe-t-il un château en bois à l’époque ?
Vers 1097 le château est « édifié » par Guillaume le Roux (roi d’Angleterre), en pierre cette fois-ci ?
1119 : la place est assiégée par le roi de France, Louis VI le Gros, elle résiste vaillamment et le roi lève le siège
Vers 1120 sur ordre du roi Henri 1er Beauclerc, un bourg fortifié d'adosse au château côté Français 1151 à 1160 : Châteauneuf devient français
1180 et 1184 : de grands travaux sont réalisés par Henri II Plantagenêt (aménagement de l’escalier à vis dans la tour maîtresse circulaire, construction de la tour sud et de la chemise entourant la tour maîtresse, reprise de l’enceinte secondaire, réparation sur les demeures et la chapelle)
1193 : Philippe II Auguste, roi de France, s’empare du Vexin normand, la place redevient française
1204 : la Normandie réintègre le Royaume de France, le château perd son importance stratégique
1358 et 1359 : durant la Guerre de Cent Ans, le château est occupé par les troupes anglaises
1437 : les soldats anglais de John Talbot y mettent le siège
XVIème siècle : ajout d'arquebusières sur la chemise du donjon et doublement d'une tour-porte
1647 : le château est partiellement détruit sur ordre du cardinal Mazarin
1940 : les allemands occupent le château et y installent une Kommandantur (poste de commandement allemand)
2005 : le site est laissé à l’abandon, il va tomber en ruine et fortement se dégrader
décembre 2015 : l’association Héritage Historique s’en porte acquéreur et tente de lui redonner vie

Son histoire en détails

Châteauneuf sur Epte est d’abord appelé Fuscelmont (la colline au silex) avant la conquête de l’Angleterre par le grand Guillaume et sera fortifié par son fils, Guillaume le Roux, roi d’Angleterre et régent du duché de Normandie. C’est probablement entre 1096 et 1100, à l’occasion de la construction du « Novum Castrum » que la motte surmontée d’une tour en bois et basse cour attenante entourée d’une palissade, est renforcée par des fortifications en pierre pour devenir en grande partie la forteresse que nous connaissons aujourd’hui (Chronique du moine de l’abbaye de Saint-Évroult, Ordéric Vital). Le roi de France Louis VI le Gros assiège sans succès le château en 1119, mais entre 1151 et 1160, la place deviendra temporairement française.
Henri II Plantagenêt (1150-1189) y réalise de grands travaux : percement des archères à niche, aménagement de l’escalier à vis dans la tour maîtresse circulaire, construction de la tour sud et de la chemise entourant la tour maîtresse, reprise de l’enceinte secondaire, réparation sur les demeures et la chapelle (comptes de l’Échiquier, années 1180 et 1184). En 1193, Philippe Auguste récupère Château-sur-Epte et le remet à l’abbaye de Saint-Denis. À la fin du siècle, son seigneur (Thibaut de Garlande ?), à la recherche de plus de confort, fait percer la fenêtre trilobée à l’étage de la tour maîtresse et aménage une cheminée dans la tour sud. Au début de la guerre de Cent Ans (1358 et 1359), le château est occupé par les compagnies anglo-navarraises. Sont-ce celles-ci qui tentent d’installer un pont-levis sur la tour-porte ouest ? Au XVIe siècle, une nouvelle phase de travaux est réalisée : percement de la chemise par des arquebusières et doublement de la tour-porte donnant dans la cour noble (transformation du château en maison-forte ?). En 1647, ordre est donné par Mazarin de démanteler la place forte.